Aïd al-Adha 2026 : Prison, saisies et fermeture des souks clandestins... Le gouvernement lance une traque sans précédent contre les « Chennâqa »
Rabat, le 21 mai 2026 – Face à l'explosion incontrôlée des prix des cheptels à l'approche de l'Aïd al-Adha et devant un mécontentement social grandissant, le gouvernement marocain passe à l'offensive. Un décret exécutif d'exception, signé par le Chef du gouvernement et publié au Bulletin officiel daté du 20 mai, instaure un dispositif de répression ultra-sévère. L'objectif : briser les réseaux de spéculation des intermédiaires, communément appelés « Chennâqa », et reprendre le contrôle d'un marché en surchauffe.
⚡ L'embarras politique face au paradoxe de l'offre et des prix
Cette riposte réglementaire et sécuritaire intervient alors que l'exécutif se retrouve dans une position politique inconfortable. Depuis plusieurs semaines, le ministère de l'Agriculture martèle des indicateurs rassurants :
Un cheptel national estimé à plus de 32 million de têtes.
Une offre globale qualifiée de « largement supérieure à la demande ».
Pourtant, la réalité des souks contredit radicalement ces déclarations officielles, les prix des moutons atteignant des sommets historiques dans toutes les régions du Royaume. Pour expliquer ce décalage, le gouvernement désigne un coupable direct : la spéculation artificielle orchestrée par les intermédiaires qui achètent et revendent en boucle pour gonfler les marges au détriment du pouvoir d'achat des ménages.
🛑 Les mesures phares du décret : Tolérance zéro sur les intermédiaires
Pour la première fois, le gouvernement déploie un arsenal juridique ciblant directement les mécanismes de la spéculation saisonnière :
Interdiction stricte de la revente : Il est désormais formellement interdit d’acheter des ovins ou des caprins à l'intérieur d'un marché dans le seul but de les revendre immédiatement sur place.
Cartographie obligatoire des ventes : Les transactions sont exclusivement réservées aux souks et espaces officiellement agréés et aménagés par les autorités locales.
Déclaration des stocks : Les éleveurs et vendeurs doivent obtenir une autorisation préalable et déclarer précisément le nombre de têtes d'id-al-adha qu'ils s'apprêtent à exposer.
« Toute pratique visant à dissimuler des bêtes pour créer une pénurie artificielle, toute rétention de stocks hors des circuits officiels ou toute diffusion de fausses informations de nature à influencer les cours du marché seront lourdement sanctionnées. »
— Extrait des directives du décret gouvernemental.
⚖️ Saisies immédiates et peines de prison pour les fraudeurs
Le nouveau texte ne se contente pas de réorganiser l'espace commercial, il active un volet répressif et pénal d'envergure en s'appuyant sur la législation relative à la liberté des prix et de la concurrence :
Fermeture et confiscation : Tout point de vente non autorisé (garages, terrains vagues convertis clandestinement) fera l'objet d'une fermeture immédiate. Les autorités ont reçu le pouvoir de saisir le bétail ainsi que l'ensemble du matériel logistique utilisé.
Sanctions pénales : Les contrevenants et spéculateurs s'exposent à de lourdes amendes financières, mais aussi à des peines de prison ferme en cas de manœuvres avérées de monopole ou de déstabilisation du marché.
🚜 La défense des éleveurs : Une crise plus profonde que la spéculation ?
Si l'opinion publique soutient massivement cette chasse aux « Chennâqa », les professionnels du secteur et les éleveurs (Amghar et Kessaba) nuancent le diagnostic de la crise. Interrogés par nos soins, plusieurs d'entre eux rappellent que la hausse des prix s'explique également par des facteurs structurels lourds :
L'impact cumulé de plusieurs années de sécheresse consécutive qui a détruit les parcours pastoraux naturels.
L'explosion des coûts de production, notamment le prix des aliments de bétail, du carburant pour le transport inter-villes et des produits vétérinaires.
Le gouvernement a déployé les autorités locales, les agents de contrôle et les forces de l'ordre dans le cadre d'un véritable plan d'urgence national. Les prochains jours diront si cette démonstration de force parviendra à faire baisser la courbe des prix avant le jour de la fête.
