Rapport du CESE : Le Maroc menacé de perdre sa biodiversité et sa sécurité alimentaire face à l'urbanisation sauvage
Rabat, le 21 mai 2026 – Le Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE) vient de lancer un avertissement solennel au gouvernement. Dans un nouvel avis stratégique intitulé « La biodiversité au Maroc : défis, menaces et opportunités pour un développement durable », le Conseil affirme que le Royaume se trouve à un tournant environnemental critique. Il appelle à une refonte totale des politiques publiques et à un changement radical des modes de pensée et de gestion face à la dégradation accélérée des écosystèmes.
🚨 Au-delà de la nature : Un enjeu de sécurité nationale
Le CESE insiste sur un changement de paradigme majeur : la biodiversité ne doit plus être perçue à travers l'approche écologique classique visant simplement à protéger quelques espèces animales ou végétales menacées. Elle est devenue un dossier stratégique national qui impacte directement :
L'sécurité alimentaire et hydrique du pays.
La sécurité sanitaire et la stabilité sociale.
La pérennité des secteurs économiques clés comme l'agriculture, la pêche maritime, le tourisme et l'économie rurale.
📉 Les écosystèmes marocains sous haute pression
Bien que le Maroc soit l'un des pays les plus riches en biodiversité du bassin méditerranéen et du continent africain, ses systèmes naturels subissent un recul alarmant. Le rapport identifie trois menaces majeures :
L'urbanisation galopante : L'expansion rapide des villes se fait au détriment des espaces naturels, grignotant les terres agricoles et détruisant les habitats.
L'exploitation excessive : Le surpâturage, la surexploitation des ressources et la pollution industrielle et maritime réduisent la capacité de régénération de la nature.
Le changement climatique : La hausse des températures, la rareté de l'eau et la désertification frappent de plein fouet les zones forestières, côtières, montagneuses et oasiennes.
⚙️ Les limites du modèle actuel et des grands projets
Le rapport formule une critique constructive du modèle de développement actuel, qui appréhende encore les ressources naturelles sous le prisme de l'exploitation à court terme plutôt que de la durabilité.
Le CESE note que certains grands projets de développement, malgré leur indéniable valeur ajoutée économique, accentuent la pression sur les ressources hydriques et provoquent l'érosion des milieux naturels. Ce phénomène est aggravé par un manque de coordination institutionnelle et par l'absence d'approches intégrées capables de concilier croissance économique et équilibres écologiques.
🛠️ Les recommandations du CESE pour une transition verte
Pour inverser la tendance et passer d'une logique de « gestion des dégâts » à une logique de « prévention et d'anticipation », le Conseil préconise plusieurs axes de réforme :
Transversalité des politiques : Intégrer obligatoirement la dimension écologique et la protection de la biodiversité dans l'ensemble des politiques sectorielles (agriculture, industrie, urbanisme, énergie, tourisme).
Renforcement de la gouvernance : Durcir l'arsenal juridique, optimiser la coordination entre les acteurs territoriaux et renforcer les mécanismes de contrôle et de sanction contre les délits environnementaux.
Mobilisation collective : Impliquer activement les collectivités territoriales, la société civile, le secteur privé et les universités, la protection de l'environnement étant une responsabilité partagée.
Promotion de l'économie verte : Investir massivement dans des secteurs d'avenir créateurs d'emplois durables, tels que l'écotourisme, l'agriculture durable et l'économie circulaire, afin de valoriser le capital naturel sans le détruire.
