Régionalisation : Abdelouafi Laftit écarte toute rivalité entre Walis et élus et annonce de nouvelles Sociétés Régionales
Rabat, le 21 mai 2026 – Lors d’une séance parlementaire cruciale dédiée à l’examen du projet de loi organique n° 03.16, le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a dressé un bilan lucide et sans concession du processus de régionalisation avancée. Tout en réfutant fermement les rumeurs de tensions au sommet des territoires, le ministre a pointé du doigt les flous juridiques qui paralysent l'action des collectivités depuis plus d'une décennie et a tracé les contours d'une profonde refonte managériale.
🤝 Pas de « guerre des chefs » dans les territoires
Le ministre de l’Intérieur a tenu à éteindre définitivement les spéculations relatives à un conflit d'autorité au niveau local.
« Il n’y a pas de guerre entre les walis et les présidents de régions. »
— Abdelouafi Laftit, ministre de l'Intérieur.
M. Laftit a précisé que la nomination par son département des futurs directeurs des nouvelles structures régionales ne visait en aucun cas à court-circuiter les élus, mais s’inscrivait dans une logique de complémentarité technique pour renforcer les équipes managériales déjà en place sur le terrain.
🔍 Compétences régionales : Le grand flou législatif mis à nu
Dix ans après l'adoption des textes fondamentaux sur la régionalisation, le constat ministériel est sans appel : le manque de clarté et le cloisonnement sectoriel rendent l'application des compétences (exclusives ou partagées) « quasi impossible » pour les conseils régionaux. Le ministre a étayé ce blocage par deux exemples structurels :
Les transports : La loi stipule que la Région doit fournir des moyens de transport, sans jamais spécifier s'il s'agit de réseaux intra-urbains, interurbains ou interrégionaux.
La formation professionnelle : Les textes omettent de préciser si les Régions doivent piloter les centres avec leurs propres ressources ou co-gérer sous la tutelle technique de l’OFPPT.
🚀 Révolution managériale : Place aux Sociétés Régionales à capital public
Pour dépasser la lourdeur des agences régionales d'exécution des projets prévues par la loi de 2015, le gouvernement mise sur la flexibilité du droit privé combinée à la rigueur du contrôle public. M. Laftit a détaillé le modèle inédit de ces futures Sociétés Régionales :
Gouvernance : La gestion administrative et stratégique sera placée sous l'autorité directe des présidents de régions.
Modèle non lucratif : Ces entités ne seront pas cotées en Bourse, ne chercheront pas à faire de profits et bénéficieront d'une exonération fiscale.
Capital 100 % public : Le financement restera entièrement étatique afin d'assurer l'efficacité, la traçabilité et le suivi rigoureux des chantiers de développement, l'objectif ultime étant de parachever la décentralisation en évitant que les décisions ne restent concentrées à Rabat.
🍎 Réforme des marchés de gros : Chasser la spéculation
Enfin, le ministre de l’Intérieur a profité de cette tribune pour appeler à une restructuration urgente et radicale des circuits de distribution agricole, qualifiant le système actuel des marchés de gros d'obsolète.
Selon lui, l'architecture actuelle du modèle alimente artificiellement la hausse des prix en favorisant la multiplication des intermédiaires et la spéculation. M. Laftit préconise une réorganisation globale axée sur des circuits courts et une traçabilité totale des denrées, du producteur jusqu’au consommateur final.
