Sécurité alimentaire : Les produits « Cerelac » au cœur d'une vive polémique au Maroc pour excès de sucre
Rabat, le 21 mai 2026 – La Fédération Nationale des Associations du Consommateur (FNAC) vient de lancer une alerte majeure à l'encontre du géant de l'agroalimentaire Nestlé. L'organisation de défense des droits des consommateurs exige l'arrêt « immédiat » de ce qu'elle qualifie de « tromperie des consommateurs marocains » et réclame le retrait sans délai des sucres ajoutés de l'ensemble de ses gammes d'aliments pour bébés commercialisées dans le Royaume.
🚨 Double standard : Du sucre au Maroc, des recettes saines en Europe
À l'origine de cette levée de boucliers, une enquête approfondie menée par l'ONG suisse Public Eye. Cette étude met en lumière une politique de « deux poids, deux mesures » flagrante de la part de la multinationale helvétique entre les marchés occidentaux et les pays en développement :
En Europe : Les farines de céréales infantiles « Cerelac » vendues en Suisse (pays du siège de la marque), en Allemagne ou au Royaume-Uni sont commercialisées sans aucun sucre ajouté.
Au Maroc et en Afrique : Les analyses en laboratoire révèlent des taux élevés de sucre ajouté. Sur une centaine de produits prélevés dans 20 pays africains par l'ONG et analysés par le laboratoire de référence Inovalys, plus de 90 % contenaient du sucre ajouté.
📊 Les chiffres alarmants du marché marocain
La situation est d'autant plus critique que Nestlé détient une position quasi monopolistique, contrôlant près de 80 % du marché des céréales infantiles au Maroc.
Les analyses de laboratoire menées spécifiquement sur les produits vendus sur le marché national révèlent des données inquiétantes pour des nourrissons dès l'âge de 6 mois :
| Produit testé au Maroc | Quantité de sucre ajouté par portion | Équivalent en morceaux de sucre |
| Moyenne des 4 produits phares | 5,8 grammes | Environ 1,5 morceau |
| Cerelac aux Fruits (Record) | 7,0 grammes | Près de 2 morceaux de sucre |
🔍 Opacité sur les étiquettes et marketing trompeur
La FNAC, instituée conformément à la loi 31-08 sur la protection du consommateur, dénonce une opacité totale. La quantité de sucre ajouté présente dans les boîtes vendues au Maroc n'est pas mentionnée dans les valeurs nutritionnelles inscrites sur l'emballage, privant ainsi les parents d'une information médicale essentielle.
En parallèle, l'association fustige des campagnes marketing agressives qui mettent uniquement en avant les bienfaits des produits (vitamines, fer, protéines, apport énergétique), induisant les familles en erreur sur la réelle valeur sanitaire de ces aliments.
⚠️ Un risque majeur pour la santé des nourrissons
Cette démarche de la fédération s'aligne directement sur les directives strictes de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L'agence onusienne préconise l'interdiction totale des sucres ajoutés dans l'alimentation des tout-petits pour deux raisons médicales majeures :
La dépendance précoce : Une exposition précoce au sucre crée une préférence gustative permanente pour les aliments très doux à l'âge adulte.
Les risques cliniques : C'est l'un des facteurs de risque cardiovasculaire direct les plus importants pour le développement de l'obésité infantile et du diabète précoce.
La FNAC appelle les autorités de contrôle à intervenir pour mettre fin à cette pratique discriminatoire et garantir aux enfants marocains les mêmes standards de sécurité sanitaire qu'en Europe.
